Histoire gay : Le livreur
Extraits de cette histoire gay :
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| [...] Te comme un souriceau espiègle. J'allais oublier : un immuable tee-shirt XXXL et des baskets rouges (au moins du 48 fillette) complètent l'uniforme de mon vendeur de charme. J'ai tout de suite remarqué son manège : dès que je dépose sur le tapis certaines marchandises à la forme suggestive - disons phallique - il me lance un regard malicieux et me fait un petit commentaire de son crû. Evidemment, bananes et courgettes ont sa préférence. Frédéric les caresse du regard, parfois du bout des doigts, lance un sifflement admirateur en me regardant par en dessous. J'ose à peine acheter du saucisson car mon fringant caissier ne se retient plus : il palpe voluptueusement l'engin (sous prétexte de déchiffrer le code-barre), le passe furtivement sous sa narine pour le flairer, m'en vante la texture compacte et la viande « premier choix ». Je le laisse faire en rougissant. Je m'arrange bien sûr pour être à peu près seul à sa caisse soit à l'ouverture (mais le novice est souvent moins disert, parfois franchement somnolent) soit en tout début d'après-midi. Comme je vis seul, je n'ai guère de produits dans mon caddi [...] | OU Retourner à la liste des histoires | [...] Voilà comme un con pris à l'hameçon, appâté par cette fameuse carte fidélité dont je n'ai nul besoin, mais l'occasion est trop belle ! Et comme Frédéric m'annonce d'une voix faussement placide qu'il fait lui-même les livraisons le jeudi, ma décision est prise : je suis illico un client inconditionnel de Franprix et je renonce à devenir végétarien. Jamais je n'ai attendu avec une telle impatience le milieu de semaine. Mon frigo déborde pourtant de victuailles, je suis écoeuré des courgettes et des concombres, je brûle d'abandonner au profit des fraises les bananes pâteuses et les litchis couillus mais rien n'y fait : je vais devenir un croisé de la Consommation et un inconditionnel de la livraison à domicile ! Vivement jeudi ! A quinze heures précises, deux coups de sonnette et une voix rieuse dans l'interphone. « Votre livreur ! » Les minutes qui précèdent sont toujours les plus délicieuses, le temps s'étire voluptueusement. J'imagine Frédéric entrant dans l'ascenseur, déposant son énorme carton, jetant furtivement un regard approbateur à son image dans la glace. Il a passé la main dans ses cheveux blonds et sifflote le dernier tube de Manu Chao. Vrombissement de l'ascen [...] |
